Rue St-Hubert, 14 5590 Ciney

25 ans de l'ET

 

SONNET,

L'Ecole Technique célèbre sa naissance,
Et ses vingt-cinq ans me réclament un sonnet.
Qui interroger ? Grand Dieu ! Mais tous les bosquets
Ils se livrent nus, susurrant leurs souvenances.
Elle connut une difficile croissance,
Et profita toujours de nombreux dons discrets.
De son évolution ? Vraiment aucun regret;
Vers l'avenir, elle vogue sans défaillance.
Murmure au parc profond, les résineux. Frileux,
Ils approuvent, participent majestueux,
A la fête qui réunit tous les intimes.
En un choeur parfait, ils clament, reconnaissants :
Merci aux nombreux bienfaiteurs pour le bilan;
A eux tous, les applaudissements unanimes.

A.M. GUIOT.

 


Célébration exceptionnelle lors du 25ème anniversaire de l'école technique

On fête des professeurs: Robert Votion, Jules Leroux, Christian Mailleux.

Visite des ateliers et laboratoires.

On plante des arbres dans la propriété.

 

Les débuts 

INTERVENTION DE MONSIEUR JULES LEROUX lors du 25ème anniversaire de l'école technique en 1984

(S'adressant à Jean-René Mignolet, directeur)

Je vous remercie, Monsieur le Directeur, de l'honneur que vous me faites, en m'invitant à raconter les débuts de l'Ecole Technique.
Si comme Maurice BEJART, nous fêtons cette année un vingt-cinquième anniversaire, la musique sur laquelle nous dansons n'a ni le même rythme, ni le même pas, ni la même harmonie.
Ah ! S’il suffisait pour éduquer un enfant de lire les notes d'une partition, vous devriez, Monsieur le Directeur, mettre à notre disposition, un répertoire très étendu, car il faudrait un recueil différent pour chacun d'eux. Mais à l'heure où nous accueillons déjà les enfants de nos anciens élèves, nous devons reconnaître, avec le Cardinal SUENENS, que l'homme est davantage le fils de son temps que le fils de son père.
Et s'il est vrai qu'il existe deux sortes de gens qui savent exactement ce qu'il faudrait faire, à savoir, les hommes politiques lorsqu'ils sont dans l'opposition et les voisins en ce qui concerne l'éducation de nos propres enfants, les professeurs, par contre, ne savent que trop bien qu'enseigner est un art difficile. Ils n'ont pas le droit d'essayer de faire d'enfants nés originaux, des copies conformes à eux-mêmes, mais au contraire, ils ont le devoir de permettre à chacun de développer sa propre personnalité, en vue d'utiliser ses potentialités à son profit personnel et pour le bien de la société, d'aider chacun à se chercher, à se trouver pour donner un sens à sa vie. Celle-ci va de l'avant et ne se complaît pas dans le passé qui cependant cautionne l'avenir.
C'est pourquoi, célébrer ce vingt-cinquième anniversaire, est une initiative heureuse, Monsieur le Directeur, parce que, en nous permettant de poser sur le vécu un regard critique, quoiqu'attendri, vous nous permettez de mieux savoir qui nous sommes, en découvrant d'où nous venons. Veuillez, nous vous en prions, trouver ici l'expression de notre reconnaissance.

Mesdames, Messieurs,

Pour quelqu'un qui a l'habitude de fréquenter des classes "raisonnablement" peuplées, il apparaît bien délicat d'essayer de raconter les débuts de l'Ecole Technique, en présence d'une assemblée aussi impressionnante par le nombre et la qualité d'éminentes personnalités civiles et religieuses.
Aussi, permettez-moi de réclamer votre indulgence en cas d'oublis ou d'omissions involontaires et j'espère que vous me pardonnerez l'une ou l'autre allusion personnelle.
Ce n'est pas sans une certaine émotion, que l'on vit un moment semblable à celui-ci, parce que nous reportant un quart de siècle en arrière, il ranime dans nos mémoires une époque qui ressemble un peu à celle de pionniers, dont la motivation reposait sur la volonté et l'espérance de la réussite . . .

Il est de notre devoir avant tout, de rendre un hommage vibrant à la mémoire de Monsieur le Doyen BEKA, sans qui rien de tout ceci ne serait arrivé. Car si nous fêtons aujourd'hui le vingt-cinquième anniversaire de l'Ecole Technique, en réalité, c'est plutôt et surtout dirai-je, celui d'une idée et d'une passion.
D'une idée bien précise que se faisait Monsieur le Chanoine BEKA de la nécessité de mettre à la disposition des garçons de la région cinacienne, comme il l'avait fait précédemment pour les filles, un enseignement technique de qualité répondant à un besoin local réel nettement perçu par lui.
Celui aussi d'une passion, celle de l'enseignement libre ! Il avait compris que, malgré toutes les imperfections de la création humaine, l'enseignement libre était et reste toujours pour l'Eglise un de ses meilleurs remparts.
Même si un nombre important de jeunes et de moins jeunes traînent les pieds pour participer à la vie paroissiale ou manquent d'entrain pour entretenir un minimum de spiritualité, l'école libre mobilise encore bien des capacités d'animation, peut-être irremplaçables pour l'Eglise.
Comme toute médaille a son revers, toute passion a ses soucis, ses chers, très chers, trop chers soucis !
Peut-on s'imaginer aujourd'hui que l'édification de cette Ecole Technique fut entreprise sans le moindre franc d'avance ? Comme me le confiait un jour Monsieur le Doyen BEKA, c'est grâce à l'aide de la Divine Providence, qu'il pouvait mener les choses à bien et, ajoutait-il, toujours Elle m'a envoyé le secours nécessaire au moment opportun. C'était un exemple de foi !

Entouré de quelques collaborateurs de choix, on pourrait je crois les compter sur les doigts d'une main, il a réussi à faire vivre son école, la nôtre maintenant, et à lui donner les moyens de son développement et de sa prospérité. Le magnifique parc qui nous entoure en témoigne.
Car il faut savoir que c'est a une poignée d'hommes dévoués, disponibles et combien généreux, que nous devons tous d'être présents ici aujourd'hui.
Grâce non seulement aux membres du Comité Organisateur présidé par Monsieur le Baron de MOFFART qui a porté à notre institution un intérêt tout particulier, grâce aussi à la compréhension des différents entrepreneurs (oserai-je citer Messieurs PIRLOT, BOUCHAT, CHAPELIER, DIDION ...et combien d'autres) qui accordèrent des délais de paiement pour le moins très élastiques, et toujours à côté de notre promoteur, l'homme de bon conseil et du dernier recours, Monsieur le Notaire ACKERMANS...

A partir de juillet 1959, c'est une course d'obstacles. Les moyens sont réduits. La situation financière du doyenné, fort précaire, repose sur le mécénat, les dons, les collectes dans les églises, les revenus des uns et les sacrifices de tous. C'est ainsi que nous avons vu un jeune vicaire de l'époque, devenu doyen entre-temps, délaisser sa voiture, pour circuler à vélo : je l'entends encore me dire avec un accent plein de malice : "A ce qu'il parait, le sport conserve la santé et développe l'esprit, alors ..." ! En réalité, la vente de son véhicule soulageait quelque peu la trésorerie paroissiale et effaçait l'image qu'on aurait pu se faire d'un clergé apparemment nanti ! Une Ecole Technique coûte cher !
C'est dans un esprit d'économie très poussé, mais sans admettre que puisse en souffrir la qualité de l'enseignement, que la petite équipe du départ se dévoue sans compter : nous sommes cinq, avec le Cher Frère Maubert, premier Directeur de cette Ecole Technique; Christian MAILLEUX et Michel GERARD s'en souviennent certainement !
Nous devions absolument obtenir l'agréation de la section dès la première visite de l'inspection officielle. Et lorsque je dirai que le dossier de l'Ecole Technique toute neuve se trouvait entre les mains de Monsieur l'Inspecteur COULON, les personnes averties comprendront ce que cela signifie . . .

En septembre 1959, le bâtiment en construction qui devait recevoir les deux premières classes, première et deuxième A 3, trente élèves, n'était pas terminé. Pour loger ceux-ci, nous avions le choix, si l'on peut dire, entre les locaux de la maison CUVELIER et ceux mis à notre disposition, rue des Champs, par l'aumônier des oeuvres sociales, Monsieur l'Abbé DUFEY, maintenant Chanoine. Ceux qui connaissent l'histoire de la maison CUVELIER comprendront pourquoi nous n'avons pas retenu cette offre. La situation rue des Champs n'avait pas que des inconvénients, car la proximité du cabinet dentaire de la Mutuelle nous permettait par exemple, de recevoir des soins pendant le temps des récréations, situations vécues, et le chant bien connu de la fraise arrivant en sourdine, aidait sans aucun doute les élèves à creuser leurs idées.

Une Ecole Technique sans atelier ne peut se concevoir. L'ancienne remise du Château changea d'affectation et à force d'imagination et au prix de quelques nuits passées à l'installer, elle se transforma en atelier acceptable, si pas des plus commodes. Je voudrais à ce sujet souligner combien précieuse fut pour ce faire, l'aide d'un homme hélas décédé ces derniers jours, j'ai nommé Monsieur HANCHIR, père de notre collègue André.

Les barrières se lèvent les unes après les autres : les bâtiments se construisent, les locaux s'aménagent, les équipements perdent leur aspect rudimentaire. Nous sentons bien que nous gagnons la partie et que la confiance en nous placée par les autorités religieuses et les parents, est en tout point honorée ... Il faut dire qu'il ne pouvait en être autrement : sous le patronage des Frères des Ecoles Chrétiennes, la réussite se devait d'être au rendez-vous.

En juin 1960, nous inaugurons d'une façon très officielle la première exposition des travaux de nos élèves, organisée dans un local de ce bâtiment, dont les peintures sont à peine séchées. Trois élèves de deuxième A3 transformés en serveurs pour la circonstance, s'acquittent de leur mission avec beaucoup de sérieux et de doigté. La vente des objets présentés nous rapporte un peu moins de quatre mille francs; c'est une véritable aubaine en ces temps de disette ! utilisée à l'achat de quelques appareils de mesure.

En 1961, nous saluons la première promotion de troisième A 3; nous délivrons les premiers certificats d'enseignement secondaire inférieur et nous sommes déçus de voir un certain nombre de nos élèves quitter notre jeune école, pour poursuivre ailleurs leurs études en secondaire supérieur. Nous n'avions pas obtenu l'autorisation de l'Evêché d'organiser en même temps la quatrième A 3 et la première A 2. Grand fut notre désappointement ! Avec le recul du temps, je crois cependant que cette décision était sage. Notre désir de faire progresser l'avenir devant le succès rapide de notre entreprise, nous incitait, dans notre fougue peut-être trop juvénile, à prendre en ces temps-là, des risques trop peu calculés.

Mais ce n'était que partie remise et notre foi dans le devenir de notre oeuvre, pousse un petit Comité de quatre personnes à réintroduire le dossier de l'ouverture de la section A 2 dans les premiers mois de 1962. Ensemble, le Cher Frère Maubert, Messieurs V. DUBOIS et R. POTY, représentant les parents, et votre serviteur, rencontrent à Namur Monseigneur BLAIMONT. Celui-ci nous accueille avec sa bonhomie cordiale, son sens pratique des réalités et répond a notre demande, en nous faisant, non sans humour, une proposition : "Si vous avez de l'argent à dépenser, nous dit-il, pourquoi ne pas payer les frais de déplacement aux élèves qui souhaitent poursuivre les cours en A 2 en les envoyant ici à Namur ?" Ces propos nous déconcertent évidemment et le premier à réagir fut Monsieur V. DUBOIS, qui lui réplique : "Mais Monseigneur, la moralité pour nos enfants là-dedans y trouvera-t-elle son compte ?"

Le débat était relancé sur d'autres pistes de réflexions et pour les grandes vacances en 1962, nous pouvions enfin annoncer l'ouverture de la section A 2 d'enseignement secondaire supérieur. Monsieur le Chanoine BEKA, malgré les difficultés immenses rencontrées les années précédentes, acceptait encore une charge supplémentaire. Evoquant devant lui cette situation financière qu'un banquier aurait qualifiée de dangereuse au vu du clignotant rouge, Monsieur le Chanoine BEKA nous réplique avec son petit sourire entendu : "Contentez-vous d'être de bons éducateurs chrétiens, la chose n'est pas si facile, le reste, je m'en charge !" Cette réflexion cerne toute sa personnalité : il prenait seul les décisions et en assumait seul les responsabilités. Mais l'appel du Pape Pie XII en faveur de l'enseignement technique avait été bien reçu à Ciney !

En juin de cette année 1962, le Cher Frère Directeur Maubert invite un jury très compétent, à juger de la qualité des travaux et du niveau de connaissances des élèves de la première classe terminale de quatrième A3. Tous les membres du jury signent sans la moindre hésitation les quatre premiers diplômes décernés par l'école. Le premier lauréat de cette promotion se retrouve depuis quelques années professeur de cours pratiques, c'est notre spécialiste de la soudure, Monsieur Léon MOREAUX. Et parmi nous aujourd'hui, nous remarquons avec plaisir certains membres de ce jury qui sont restés au long des ans, des amis fidèles de l'Ecole Technique.

Le 1er septembre 1962, nous ouvrions fièrement les portes de la première classe d'A 2 et Monsieur MIGNOLET y faisait ses premières armes. C'est alors que le Cher Frère Maubert, qui avait tant fait pour assurer la réputation et le bon développement de cette Ecole Technique, nous quitte pour rejoindre un poste bien lointain; ayant connu les grands espaces d'Afrique, il ne peut résister à l'appel du large et dans l'avion qui le déracine une nouvelle fois, tout en pensant à son passé récent, il s'empresse d'étudier l'espagnol. Tous les élèves et professeurs qui l'ont connu gardent de lui le meilleur des souvenirs et se joindront sans aucun doute à moi pour lui redire notre reconnaissance pour les bienfaits reçus, notre admiration pour l'oeuvre réalisée et les bons voeux que nous formulons pour sa santé.

Si vous me le permettez, je voudrais aussi saluer la mémoire d'un ami disparu, dont le passage parmi nous n'a été hélas qu'éphémère. L'année scolaire 1965-1966 commence donc sous la Direction du Cher Frère Médard C. SOYEZ. D'origine méridionale, il a hérité d'une certaine faconde et d'un franc-parler qui rappelle parfois un certain Marcel PAGNOL. Un jour de grand énervement, sans doute, certains diraient de sainte colère, il explose et m'interpelle dans un couloir, je ne pouvais y échapper, la fumée de ma pipe d'alors me précédait toujours, et me déclare sur un ton péremptoire : "Cette école n'est qu'une petite école, de petits élèves et de petits professeurs". Alors, avec calme et peut-être une certaine candeur, je lui demande : "Est-ce pour cela qu'on vous y a envoyé, Cher Frère Directeur ?" D'abord interloqué, il part ensuite d'un immense éclat de rire, l'atmosphère était détendue. Il appréciait beaucoup la compagnie d'un grand chien, Rex, un berger allemand, je crois, et nombreux sont les anciens qui associent les deux images.

Malheureusement, en mai 1966, au retour d'une visite à l'Abbaye de Rochefort où nous avions rencontré un groupe d'élèves y séjournant pour une retraite, en ce temps-là, cela se faisait régulièrement, il fut atteint d'une thrombose cérébrale et hospitalisé.
Quelques mois plus tard, se posait le problème de sa succession et au terme d'un long tête-à-tête avec le Cher Frère Médard J. ROLAND, Visiteur du District Sud, il était convenu de confier la destinée de notre Ecole Technique à une Direction laïque : l'ère André PETITJEAN commençait ... ! Là se tourne une page de notre livre d'histoire.
Permettez-moi de laisser à d'autres, plus avertis que moi, le soin de l'effeuiller encore pour vous en conter la suite ...

 

Séance académique

Cher Frère Président du Pouvoir Organisateur,
Monsieur le Secrétaire Général de la Fédération Nationale de l'Enseignement
Technique Catholique,
Monsieur le Député-Bourgmestre de Ciney,
Monsieur le Sénateur,
Monsieur le Député,
Monsieur le Chanoine Kesch, représentant Monsieur le Vicaire Général et
Monsieur le Vicaire Episcopal,
Monsieur le Doyen de Ciney,
Mesdames,
Messieurs,


A l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de la création de son Ecole Technique, la communauté éducative de l'Institut Saint-Joseph est heureuse de vous accueillir dans ses installations du Parc BOSERET, en cet après-midi du 30 novembre 1984. Elle vous remercie d'avoir répondu aussi nombreux à son invitation et espère passer ensemble une paire d'heures agréables, dans un enrichissement mutuel, par une meilleure connaissance de la vie d'une école technique et professionnelle.

Si la vie de l'Ecole Technique commence le 1er septembre 1959, une tradition bien ancienne a précédé cet événement. En effet, c'est dès 1844, c'est-à-dire il y a cent quarante années, que des Frères des Ecoles Chrétiennes fondent à Ciney leur première communauté. Ils s'y voient confier la charge de l'enseignement communal. Leur école est alors située à l'angle de la rue Saint-Pierre et de la rue de l'Hospice. A cette époque, l'instruction n'est pas encore obligatoire, mais elle comporte deux classes de septante à quatre-vingts garçons chacune. En 1856, elle s'implante à la rue Courtejoie et devient école libre; elle se développe et en 1881, ouvre une première année d'école moyenne. C'est le début de l'enseignement secondaire, qui, pendant longtemps, comportera quatre années d'études. A la fin de la guerre 1914-1918, elle compte trois cent cinquante élèves et acquiert plus d'espace.

En 1951, un prêtre exceptionnel manifeste à l'égard de l'oeuvre d'éducation des Frères de Ciney, une attention particulière, caractérisée par une action débordante. Monsieur le Chanoine Doyen BEKA ose; il réalise d'importants investissements immobiliers. Grâce à cette clairvoyance et cette imagination prospective, l'école dispose du parc BOSERET, dans lequel Monsieur le Doyen met rapidement en chantier un bâtiment à deux niveaux. A la veille d'une période faste pour l'enseignement secondaire, l'Institut Saint-Joseph est prêt. Il ne saura sans doute jamais mesurer toute la reconnaissance due.

Dès 1952, les premiers élèves de Scientifique reçoivent leur diplôme, l'enseignement secondaire comporte les six années d'études. Les difficultés matérielles sont énormes; d'innombrables bienfaiteurs et amis de l'école s'attachent à les résoudre. Qu'il me soit permis, sans citer de noms, de peur d'en oublier, de remercier les responsables et les communautés de Frères, qui se sont dévoués dans et pour cette école, de remercier les autorités civiles et religieuses, les parents et les amis de l'Institut qui ont soutenu l'oeuvre entreprise.

1959 marque une étape importante dans la vie de l'Institut. Il s'y crée deux nouvelles sections, une en Latin Grec et une Ecole Technique du niveau secondaire inférieur Electromécanique. C'est que les Frères n'ont pas perdu le souvenir des initiatives de leur Saint Fondateur qui, il y a trois cents ans, crée des écoles adaptées aux besoins régionaux. Par la suite, à côté des écoles primaires et des grands établissements d'enseignement secondaire, ils installent des écoles techniques et professionnelles.

L'un d'eux, le Cher Frère Maubert, ingénieur technicien électromécanicien, déjà responsable d'écoles en Afrique, reçoit de son supérieur, le Cher Frère Visiteur Henri GOBEAUX, la charge d'organiser et de diriger cette nouvelle école. Contacté à la fin du mois dernier, afin de retracer l'histoire du début de l'Ecole Technique, le Cher Frère Maubert m'adresse toute sa joie de pouvoir se retrouver à Ciney, si son état de santé le lui permet. Malheureusement, par une correspondance de ce 28 novembre, il m'informe qu'il doit déclarer forfait. Permettez-moi de vous livrer des extraits de sa lettre :




 

"Je souhaitais vivement m'unir à vous tous en cette circonstance, comme je vous l'ai écrit lorsque j'ai reçu votre invitation. Je vous prie de bien vouloir m'excuser auprès de tous les amis qui attendaient ces retrouvailles. Je tiens à exprimer mon admiration et mes félicitations à tous ceux qui, au cours de ces vingt-cinq ans, ont oeuvré pour amener l'oeuvre entamée en 1959 au magnifique degré de développement qu'elle connaît aujourd'hui. Et je forme des voeux pour que le travail continue dans une si bonne orientation et avec le même succès. J'adresse un salut amical à tous ceux que j'ai connus et qui seront présents, particulièrement aux professeurs des premières équipes, dont quelques-uns sont encore à pied d'oeuvre et dont je garde le meilleur souvenir. Aux élèves qui, dès le début, ont fait confiance à l'innovation que représentait alors la section technique à l'Institut Saint-Joseph de Ciney. Aux membres du clergé et de l'Administration communale, ainsi qu'aux collègues des autres sections de l'Institut et aux anciens élèves qui ont apporté, outre leurs encouragements, leur aide efficace pour le lancement de la section. Que Dieu bénisse vos efforts et vous aide à continuer le beau travail accompli ..., en préparation du jubilé d'or en 2009 !"
Le séjour du Cher Frère Maubert à la tête de l'Ecole Technique a duré trois ans et ce court laps de temps a permis d'apprécier la qualité de son travail. Parti de rien ou presque, l'on retrouve à son départ, un cycle complet d'études techniques de quatre années et l'ouverture, toute prête, du cycle supérieur. On trouve des bâtiments et des équipements. Cher Frère Directeur Maubert, merci. Dans les jours prochains, une représentation de l'école se rendra à Malonne, où il s'occupe de la Cause du Frère Mutien-Marie, et elle lui remettra, avec le bon souvenir de ses amis cinaciens, cette gravure de la Collégiale.

Heureusement, un professeur de l'Ecole Technique connaît bien le Cher Frère Maubert, pour avoir travaillé avec lui en Afrique. De plus, il est sur place à Ciney dès avant la création de l'école et c'est tout naturellement vers lui, que je me tourne pour assurer la relève. Encore merci, Monsieur LEROUX, d'avoir si généreusement accepté cette tâche.

 

Intervention de M Jules LEROUX

Les sections A 3 et A 2 sont à peine lancées, que le Cher Frère Charles SANDRON, Président du Pouvoir Organisateur, feu le Cher Frère Médard, Directeur et Monsieur André PETITJEAN, Directeur, se tournent vers l'enseignement professionnel; en 1968, l'école propose une deuxième année Soudure, qui diplômera dès la quatrième année d'études et se prolongera vers une cinquième année de spécialisation en Chauffage central.
A cette période, l'école acquiert des bâtiments situés près de l'Eglise des Pères Capucins et y installe un internat de septante places. Il connaît, sous la direction des Frères, puis des laïcs, et notamment de feu Michel BOUCHAT, son plein essor d'internat à ambiance familiale, si nécessaire encore à bon nombre d'élèves. Monsieur Daniel JOB en assure actuellement la direction dans la continuité.

En 1971, une nouvelle mutation commence. Elle est de taille, car elle va durer six ans. En fait, à la demande de l'école, la Fédération Nationale de l'Enseignement Technique Catholique autorise celle-ci à passer de l'enseignement traditionnel au rénové. Un travail important s'engage; tout est à refaire; à côté de ce qui existe, on voit fleurir une classe de première accueil; l'année suivante, en deuxième année, des options ou orientations d'études polyvalentes; on parle de degré d'observation, on pratique l'évaluation continue, on se réunit en conseil de classe, il y a des réunions de parents. Il faut harmoniser les programmes ... Bref, quel travail !

Mais en 1973, quand s'ouvrent le degré d'orientation, puis en 1975 celui de détermination, on en constate les fruits. En effet, dans l'enseignement technique, on retrouve :
- une section de transition organisant de l'Electromécanique et du Dessin de construction;
- une section de qualification qui s'est scindée en Mécanique et en Electricité.
L'enseignement professionnel s'est poursuivi jusqu'en sixième année et propose le choix entre l'Electricité industrielle et l'option Soudure chauffage.

Pendant ces vingt-cinq années d'existence, la population scolaire est passée de vingt-six élèves à trois cent septante-quatre et de cinq personnes employées, c'est maintenant quelque soixante-sept professeurs,
membres du personnel administratif et ouvriers, qui assurent les différentes tâches qu'une école réclame.
Saluons ici la mémoire de Maurice LAMBION, professeur de cours techniques et d'André DUPUIS, surveillant-éducateur. Leur disparition brutale a causé un vif émoi chez les collègues et les élèves.

      

Les besoins en locaux de classes, mais aussi en locaux spécialisés, se sont vite fait sentir; laboratoires, salles de technologie, salle de dessin, ateliers, sont indispensables, de même que leur équipement. C'est pourquoi, en collaboration avec l'Enseignement Général et avec l'Ecole Maternelle et Primaire et grâce au Fonds National des Constructions Scolaires, l'Ecole Technique participe activement, dès 1977-1978, à la construction d'un complexe qui abrite le hall omnisports, le restaurant, des classes et des laboratoires, puis en 1978-1979, à la construction d'une nouvelle Ecole Primaire. Ce sont quelque soixante millions que l'Institut Saint-Joseph a investis dans ces constructions et je puis vous dire que des projets sont d'ores et déjà à l'étude et prendront corps très rapidement, afin d'offrir à tous les élèves qui fréquentent l'établissement, tout le confort souhaitable et de satisfaire ainsi aux besoins d'une nécessaire adaptation aux exigences nouvelles.

A l'initiative de quelques professeurs ingénieurs industriels et en collaboration avec des collègues de l'Enseignement Général, l'école ouvre ses portes plusieurs fois par semaine, en organisant des cours d'informatique à l'intention des étudiants des classes du troisième degré, mais aussi au nombreux public intéressé par cette nouvelle technique. Dans le même ordre d'idées, des professeurs de langue moderne de l'Ecole Technique animent cette année un cours d'anglais.
Par les stages proposés aux élèves, l'école garde le contact avec la vie active des ateliers, usines ou métiers. C'est une grande joie pour nous de pouvoir profiter de l'aide que nous apportent si généreusement les artisans et industriels de la région.
Depuis bien longtemps également, l'école permet l'utilisation de son infrastructure sportive à divers clubs de Ciney et des environs.

Il est important de se rendre compte si l'enseignement dispensé aux élèves est de qualité. Pour cela, je vous propose d'examiner ce que sont devenus les deux cent nonante-et-un élèves des classes de sixième des vingt promotions déjà formées.
Afin d'acquérir le certificat de qualification, le certificat de connaissance de gestion, le brevet de sécurité et hygiène et l'attestation de sixième, 25 % des élèves finalistes ont choisi l'enseignement professionnel. La plupart travaillent dans des établissements privés ou publics, ou sont devenus indépendants. Ils sont électriciens, soudeurs, chauffagistes ... Si les conditions économiques actuelles ne sont pas favorables, seulement quelques-uns d'entre eux n'ont pas trouvé à s'occuper.
Les autres, les 75 % restants, ont préféré l'enseignement technique, afin d'obtenir le certificat d'enseignement secondaire supérieur, le certificat de qualification, le diplôme d'aptitude à accéder à l'enseignement supérieur. Ces titres leur permettent soit d'entrer dans la vie professionnelle, soit de poursuivre des études. Cette dernière voie est choisie par 55 % d'entre eux. Les études de spécialisation, froid, électronique, conduite de travaux, qui durent un an, sont choisies par 5 % des élèves. D'autres, 30 % environ, poursuivent des études pendant deux ans;
11 s'agit de graduats en construction, en électromécanique, en moteurs thermiques, en électronique, en informatique ...; il s'agit dans quelques cas de régendats en langue maternelle, en mathématique, en éducation physique .. ou en études d'instituteurs ou d'éducateurs. Le solde, soit 20 % des élèves poursuivent des études d'une durée de quatre à cinq ans, afin de devenir ingénieurs civils, architectes, ingénieurs industriels surtout.
Si pour le moment 20 % des élèves sortants sont toujours aux études, les autres ont trouvé un emploi. Ils sont techniciens dans des entreprises privées ou publiques, 45 %, indépendants, 4 %, ingénieurs, 9 %, professeurs, 10 %, ou s'occupent dans divers services ou administrations, 12 %.
L'Ecole Technique emploie d'ailleurs pour l'instant, quatorze de ses anciens élèves, principalement comme professeurs de cours techniques ou de cours pratiques, aux niveaux inférieur et supérieur.
Elle doit cependant regretter la disparition brutale de deux étudiants finalistes, Michel ALEXANDRE et Jean-Claude LEFEVRE, victimes précoces de la route.

C'est montrer que les buts poursuivis par l'Ecole Technique sont largement atteints et que l'équipe éducative, assistée par le Conseiller du Centre P.M.S. de Dinant, d'une part, et par les membres des jurys de qualification et de maturité, d'autre part, font du bon travail. Les parents qui nous font confiance et à travers l'Association de Parents participent activement à la vie de l'école depuis 1969, s'en réjouissent.
Pour nous parler de l'avenir de l'enseignement technique et professionnel, j'ai tout naturellement fait appel à Monsieur PETITJEAN, Directeur à l'Ecole Technique de 1968 à 1973 et qui assure maintenant la lourde tâche de Secrétaire Général de la Fédération Nationale de l'Enseignement Technique Catholique. D'avance, je l'en remercie.

 

Intervention de M André Petitjean

Cher Frère Président, Chers Frères, membres du Pouvoir Organisateur, permettez-moi de redire que sans le dévouement inlassable des Frères, nous ne serions pas réunis aujourd'hui. Leur oeuvre, admirable, originale et longtemps irremplaçable, fut menée avec détermination et parfois avec intrépidité. Il importe de rappeler à notre souvenir, ce travail exceptionnel .
Monseigneur MATHEN, Evêque de Namur et Monsieur le Vicaire Episcopal expriment toute l'estime qu'ils portent à tous ceux qui s'engagent pour l'éducation chrétienne des jeunes.
Cher Frère Président, nous attendons les paroles que vous voudrez bien nous adresser.

 

Intervention du Cher Frère Henri de WENCKSTERN

Hommage à Robert VOTION, Jules LEROUX, Christian MAILLEUX

    


Arrivé à Ciney en 1954, professeur de mathématique et de sciences dans la section Scientifique de l'Enseignement Général, préfet des études, puis Directeur à l'Institut Saint-Joseph, vous êtes, Cher Frère Luc, un témoin privilégié de la vie de l'Ecole Technique. Je sais qu'à votre âge, alors que vous venez de fêter au Mont de la Salle et en toute intimité, soixante années de vie religieuse, vous méritez une retraite tranquille. Et pourtant, lorsque je sollicite votre participation, vous répondez "présent". L'Ecole Technique vous en est très reconnaissante.

 

Intervention du Cher Frère Luc-Ménandre

Monsieur le Député-Bourgmestre de Ciney, merci pour votre aide et celle des services communaux, car vous avez répondu favorablement à notre appel.
Monsieur le Chanoine KESCH, Monsieur le Doyen, merci pour les services rendus par les membres du clergé, et spécialement ce matin encore, à l'occasion de la messe d'action de grâces.
A toutes et à tous, merci, votre présence nous réjouit.

Mesdames, Messieurs, la partie académique de cette fête se termine. Quatre professeurs sont à votre disposition pour vous aider à visiter les laboratoires, salles spécialisées et ateliers en activité; accordez-leur votre confiance et n'hésitez pas à les questionner.

 

En effectuant cette visite, nous aurons l'occasion de planter quelques arbres qui, je l'espère, résisteront aux bourrasques et témoigneront de notre désir de poursuivre l'oeuvre entamée par les fondateurs.
Ensuite, nous nous retrouverons dans cette salle, pour le vin d'honneur.
Je profite de l'occasion pour souhaiter une bonne fête à toutes les personnes qui se prénomment André.


Vive Saint-Eloi et Sainte-Barbe, patrons des ouvriers du fer et de la construction, vive Ciney, vive Saint-Jean-Baptiste de la Salle et Saint-Joseph !

Jean-René Mignolet